Partager l'article ! [Jap] L'art de se masturber avec classe: Un jour d'été, je m'e ...
Un jour d'été, je m'emmerdais. Jusque là, ça va, tout roule. On se balade sur divers forum en attendant que ça passe, on clique à droite, à gauche espérant trouver quelque chose qui brisera (un
petit peu) la monotonie de l'acte. Coup de bol, ou signe du destin dans le but de sauver une pauvre âme pervertie par la firme aux 4 lettres, je n'en sais rien, mais c'est avec une grande
surprise que j'ai découvert une oeuvre atypique, unique, si ce n'est marquante. Comment on dit, déjà ? Ah oui. Culte.
Cette oeuvre, c'est Onani Master Kurosawa. Pour la description type, c'est un dojinshi japonais (donc en gros, un manga
jamais édité au Japon et qui, de ce fait, ne s'exportera jamais ailleurs), sortie en 2005, de Ise Katsura et dessiné par "Yoko". Parler de cet oeuvre n'est pas chose
facile, au vue du thème abordé. De prime, il en fera rigoler plus d'un (sans forcément donner envie de le lire), d'autres auront la curiosité de se demander ce qui se cache derrière tout ça, à se
demander si ce n'est pas encore un de ces manga franchement douteux qui fleurissent chaque jour au Japon.
Onani Master Kurosawa, au vu du titre, est relativement explicite. Kurosawa est, malgré les apparences (manga oblige, ils ont vraiment un problème avec ça), un collégien de 14
ans (mais bâti comme s'il en avait 20), qui entame sa dernière année de collège avant de passer au stade supérieur. Un peu comme les gosses de cet âge, Kurosawa découvre les joies d'explorer les
bas fonds de son corps. En gros, il se touche. Beaucoup. C'est presque une passion chez lui. Chaque jour, après les cours, il se réfugie dans les toilettes des filles pour pratiquer son passe
temps favoris, en utilisant ses camarades (féminins, hein) de classe comme objet de dissertation.
Sauf que. Sauf qu'un jour, à la sortie des toilettes, paré à revenir chez lui, il croise une jeune donzelle (à lunettes, chouette !). Elle ne sait pas sur le coup ce qu'il faisait ici, mais
comprendra rapidement les fait. Et retournera la situation à son avantage, au détriment de Kurosawa...
On peut difficilement en dire plus. Je ne pourrais pas en raconter davantage sans dévoiler des éléments scénaristique plutôt important, essentiel à l'histoire. C'est le point fort du manga en
fait. Sous couvert d'un contexte vu et re-vu, Onani Master Kurosawa est un manga à prendre "au sérieux". Mais vraiment, hein. Je sais bien que le thème principal du manga prête à
sourire (ce fût ma première réaction), mais rien ne laisse présager une telle tournure des choses. Tout d'abord, l'auteur a pu éviter l'écueil auquel se heurte beaucoup d'auteurs pour plaire au
plus grand monde: le fan service.
Il y très peu de fan service débile (certains mangas mettent tellement l'accent dessus que ça en devient ridicule, cf Bleach et ses poitrines gigantesques) malgré le thème de la masturbation (En
plus de quelques rares illustrations de chapitres, on y croisera - encore une fois - rarement quelques scènes "un peu chaude" sans forcément être explicite, pour symboliser les fantasmes de notre
anti-héros). Pas de gros décolletés ou de culottes pour faire plaisir à l'otaku moyen, pas de scène torride versant dans le Hentai, Onani Master Kurosawa sait rester
sage.
Son autre qualité à mes yeux, c'est ce fait de ne jamais tomber dans la niaiserie pure et dure, celle qui tâche, celle qui pourrie 90% des Animes à l'heure actuelle, celle qui me dégoûte de
certains manga. Pas de sourire Kawai qui donne envie de se tirer une balle, pas de répliques débiles à base d'onomatopées, Onani Master Kurosawa sait traiter les différents
thèmes du milieu scolaires (Les brimades, les relations amicales et sentimentales, le regard des autres etc.) avec justesse.
Le scénario ne tombe que rarement dans les stéréotypes et développe quelque chose de très bien construit, de vraiment prenant. Le fond est pourtant "basique" (milieu scolaire oblige), mais je
suis vraiment resté scotché de part la qualité de la mise en scène ou des retournements de situations. Il y a vraiment des chapitres où la tension est vraiment très bien retranscrite, où l'on
rage en même temps que Kurosawa, qu'on ressent sa douleur vis à vis de certains évènements. Parfois, même, l'émotion serait presque palpable (mais j'avoue avoir un côté gonzesse,
ça aide un peu). La masturbation n'est finalement qu'un élément secondaire (voir tertiaire, mais ça se dit ?) que ça serait stupide de penser que le manga ne tourne qu'autour de ça.
Seul la fin se montre décevante (un truc un peu trop niais, trop "facile", qui tranche un peu trop avec le reste), mais c'est presque une case "obligatoire" vu la qualité globale du manga au
cours de ces 4 tomes qui ne faiblit pas un seul instant. Disons que 4 tomes, ça lui permet de ne pas trop traîner en longueur et d'aller direct à l'essentiel... Même si une fois arrivé au bout,
on a l'impression de n'être arrivé qu'à la moitié.
Et pour achever le tout, la qualité graphique est d'excellente facture. Malgré quelques fautes de proportions par ci par là, de manque d'inspiration dans certaines poses ou des designs quelque
peu génériques (les personnages féminins se ressemblent tous...), Onani Master Kurosawa est là encore assez bien maîtrisé, avec des planches parfois vraiment superbe (surtout les
scènes "dramatique" où les coups de crayons noirs fusent dans tous les sens), surtout pour un truc amateur. Respect. En tout cas, j'aime le chara design dans sa globalité, j'aime le rendu
"crayonné" (tout le contraire du rendu parfois "froid" des mangas "officiels" tout beau, tout propre, tout blanc...), la découpe de l'action, les personnages très expressifs... Que demander de
plus ?
Bon, vous l'aurez compris, c'est du bon, du lourd, c'est culte et tout le tralala habituel. J'ai adoré, en somme. Et je suis pas le seul: complètement amateur, le manga s'est vu promu par le
biais de 4chan, la fameuse poubelle de net. Le succès étant tel qu'il fût traduit en anglais, là où la plupart des Dojinshi resteront en niaks jusqu'en 2012. A partir de là, le manga a su faire son petit bonhomme de chemin au travers du Web US où il acquis une excellente réputation, grâce à la Hidoi Team et la Emergency Exit qui ont traduit le bousin dans
un langage décriptable par le commun des mortels.
L'intégrale du Manga traduit en anglais se trouve ici, à lire en ligne :
http://www.mangafox.com/manga/onani_master_kurosawa/
En France: Rien. Il grimpe peu à peu dans l'estime des Otaku français via quelques articles ici et là sans oublier là, quelques forums qui en parlent
et le bouche à oreille webique. Mais la langue anglaise en rebutera plus d'un ("White Hammer"!) et ce n'est pas tout de suite qu'on verra une équipe française s'en charger... Ah, Naruto
passe avant tout, voyons, chacun ses priorités.
En tout cas, si vous n'avez pas peur de l'anglais, je ne serais que vous conseiller de jetter un oeil. Au moins un, pour tester.
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